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Les Âmes Vagues Abondent

Murmures entre les tombes

"D'où naissent les images ? De fulgurances, de souvenirs du passé, d’un imaginaire commun ? Nietzsche écrit « Si ton œil était plus aigu, tu verrais tout en mouvement ».


Mais est-ce un mouvement de la mémoire, intacte des souvenirs passés ? Un mouvement décortiqué et capté par un œil surentrainé ou par un appareil devenu extension de soi ? Ou un œil tendant vers l’objectivé, l’omniscience qui pourrait attraper chaque instant gravitant autour de soi ?


Peu importe la réponse, seules comptent les énigmes. L’art met en scène les questions qui existent dans nos vies, les œuvres appartiennent aux spectateurs dès lors qu’une naissance se créée dans leurs esprits.

L’essentiel est ailleurs. Pourquoi suis-je marqué de ces images et pourquoi ce besoin, dans le ventre, de les accoucher ? Entre mélancolie et espoir, la beauté est en équilibre. Tout est beau dans une question. Le jour où elle apparait, les étapes de réflexion qu’elle traverse, l’excitation d’être proche de la vérité renfermée par le secret. La seule chose triste est quand elle s’arrête et qu’on croit l’avoir comprise en entier.

Dans chaque lieu cohabitent passé, présent et futur. Comme dans l’univers et dans chaque personne. Le monde est en perpétuel mouvement. La réalité et le temps sont différents pour chaque être.


La photographie est un art spectral qui résulte de lois physiques et l’appareil est l’extension qui permet au photographe de donner naissance à la lumière qu’il perçoit et ressent.

Mes photographies sont liées à la temporalité que je perçois et qui habite mon regard. Elles expriment la solitude, le double présent en chacun de nous et la contemplation. Ce dernier point est plus qu’important dans une époque qui veut aller trop vite, il faut réapprendre à observer, à ressentir.

Notre monde est chargé d’énergies et il faut tendre l’œil pour en saisir les âmes."

  

Arthur Astier - Janvier 2020

​© 2020 Arthur Astier